L’intelligence artificielle : l’amie des travailleurs

mercredi, 13 novembre 2019

Les machines vont-elles nous voler nos emplois ? C’est la question qui refait sans cesse surface devant les progrès fulgurants de l’intelligence artificielle (IA). La recherche indique cependant que les craintes d’un effet négatif de l’IA sur l’emploi sont en grande partie exagérées, révèle une étude publiée aujourd’hui par l’IEDM.

 « Il ne fait aucun doute que l’intelligence artificielle transformera le marché du travail et il ne faut surtout pas négliger le sort des travailleurs touchés. On doit par contre garder à l’esprit qu’il y aura plus d’emplois créés que d’emplois détruits », soutient Gaël Campan, chercheur associé senior à l’IEDM et coauteur de la publication.

En effet, selon les prévisions du Forum économique mondial, les changements structurels que l’IA et les technologies apporteront au marché du travail créeront 58 millions d’emplois nets à travers le monde d’ici 2022. D’ailleurs, les pionniers actuels de la robotisation que sont la Corée du Sud, le Japon ou encore l’Allemagne profitent de bas taux de chômage.


« L’IA permettra aux travailleurs moins expérimentés ou moins qualifiés d’être plus productifs plus rapidement, plutôt que de devoir acquérir des compétences et des connaissances coûteuses pendant de nombreuses années », explique le chercheur. « On parle ici de meilleures perspectives d’emploi, et ceux-ci seront mieux rémunérés, moins dangereux et plus valorisants. »

Toutefois, pour adoucir cette transition et minimiser ses impacts négatifs, des mesures proactives doivent être prises pour limiter les pertes d’emploi et alléger les difficultés des personnes plus susceptibles d’être touchées.

« Les pays industrialisés doivent repenser leurs stratégies d’éducation et de formation afin de s’adapter à cet environnement en rapide évolution », dit M. Campan. « Pour mieux préparer la main-d’œuvre à l’automatisation, les universités doivent notamment développer des liens plus étroits avec le milieu des affaires. »

On devra aussi alléger le fardeau bureaucratique et réglementaire afin de faciliter la création et le développement des entreprises, de même que le recrutement du personnel.

En somme, plutôt que de craindre le développement rapide de l’intelligence artificielle, on devrait accueillir cette opportunité. « Les scénarios catastrophes font de bons films de science-fiction, mais ils sont moins utiles pour mesurer l’impact économique ! Comme ce fut le cas pour d’autres technologies transformatrices, une utilisation judicieuse de l’intelligence artificielle donnera un nouvel élan à l’innovation et contribuera à une amélioration générale du niveau de vie. L’IA n’est pas un danger pour l’humanité, mais bien une alliée », conclut Luc Vallée, économiste en chef à l’IEDM et coauteur de la publication.

La Note intitulée « Des emplois plus nombreux et meilleurs : les multiples effets de l’IA sur le marché du travail » est signée par Gaël Campan, chercheur associé senior à l’IEDM, et Luc Vallée, chef des opérations et économiste en chef à l'IEDM. Cette publication est disponible sur notre site.

 L’IEDM est un think tank indépendant sur les politiques publiques. Par ses publications et ses interventions, l’IEDM alimente le débat sur les politiques publiques au Québec et à travers le Canada en proposant des réformes fondées sur les principes de l’économie de marché et de l’entrepreneuriat.

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